Une avancée majeure vient d’être réalisée dans la compréhension du vitiligo. Une étude internationale récente propose, pour la première fois, des définitions consensuelles de la sévérité et des rechutes, en intégrant à la fois les aspects cliniques, mais aussi les dimensions psychologiques et sociales de la maladie.
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Une vision élargie de la sévérité, au plus proche du vécu des patients
Jusqu’à présent, il n’existait aucune définition internationale standardisée de la sévérité du vitiligo. Les outils utilisés, comme la mesure de la surface corporelle atteinte, restent utiles, mais ne suffisent pas à refléter l’impact réel de la maladie sur la vie des patients.
Pour répondre à ce manque, une étude mondiale a mobilisé 91 participants issus des cinq continents : dermatologues, chercheurs, psychologues, professionnels de santé, mais aussi des personnes vivant avec le vitiligo. Cette diversité de profils, de phototypes et de contextes culturels a permis d’aboutir à une vision plus globale et inclusive.
Grâce à une méthodologie rigoureuse combinant revue de littérature, études qualitatives, enquêtes Delphi et réunion de consensus, un accord international a pu être établi. Ce consensus confirme que la surface de peau dépigmentée constitue un point de départ utile, mais qu’elle doit être complétée par 12 critères complémentaires, identifiés pour mieux évaluer la sévérité.
Critères majeurs :
- Progression ou activité de la maladie
- Atteinte de zones visibles ou à fort impact
- Détresse psychologique
- Stigmatisation
- Difficulté d’acceptation de soi
- Impact global sur la qualité de vie
Critères mineurs :
- Phototypes de peau foncée
- Jeune âge
- Atteinte des cheveux (cuir chevelu, barbe, cils)
- Risque accru de coups de soleil
- Impact sur la scolarité ou la carrière
- Sentiment de perte d’identité personnelle ou culturelle
À noter : aucun consensus n’a été atteint sur le seuil précis de perte de pigmentation définissant la sévérité.
Cette approche marque un tournant important : elle reconnaît pleinement que le vitiligo ne se limite pas à une atteinte cutanée, mais qu’il touche profondément la qualité de vie, l’image de soi et les interactions sociales.
Une définition claire des rechutes pour améliorer la prise en charge
Autre avancée majeure de ce consensus : la définition des rechutes du vitiligo. Celle-ci est désormais définie comme :
la perte de pigmentation dans des zones auparavant repigmentées, que cette repigmentation soit spontanée ou obtenue par traitement.
Cette clarification est essentielle, tant pour les patients que pour les professionnels de santé. Elle permet de mieux suivre l’évolution de la maladie, d’adapter les stratégies thérapeutiques et d’harmoniser les pratiques cliniques à l’échelle internationale.
Ce consensus international constitue une avancée au service des patients et de la reconnaissance du vitiligo, et un pas décisif pour une meilleure prise en charge du vitiligo. Il vise à rapprocher l’évaluation médicale du vécu réel des patients, à améliorer la cohérence des pratiques cliniques, et à renforcer la pertinence des recherches et des essais thérapeutiques.
Pour les personnes concernées, cette évolution est porteuse d’espoir. Elle contribue à une reconnaissance plus juste de la maladie dans les systèmes de santé, en intégrant enfin ses dimensions humaines, psychologiques et sociales.
Dans cette dynamique, l’Association Française du Vitiligo poursuit son engagement pour faire entendre la voix des patients, accompagner chacun dans son parcours, et soutenir les avancées médicales qui permettent, pas à pas, de mieux comprendre et mieux vivre avec le vitiligo.
Une nouvelle étape importante vient d’être franchie pour les personnes vivant avec le vitiligo en République démocratique du Congo. En novembre 2025, l’Association Congolaise du Vitiligo (ACV) a officiellement vu le jour. Présidée par Monsieur Benjamin Akilmali, elle s’adresse plus particulièrement aux personnes concernées dans la région de Goma, à l’est du pays, où la maladie reste encore largement méconnue et fortement stigmatisée. Une initiative porteuse d’espoir, de mobilisation et de solidarité.
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Sensibiliser, accompagner et lutter contre la stigmatisation
Le 11 janvier 2026, l’Association Congolaise du Vitiligo (ACV) a franchi une étape majeure dans son processus de structuration en organisant une réunion de prise de contact de ses membres fondateurs en République démocratique du Congo.
Cette rencontre a permis de consolider une vision commune, de définir les premières priorités stratégiques ; ses objectifs sont clairs et essentiels :
- sensibiliser le grand public et les institutions à la réalité du vitiligo ;
- favoriser la reconnaissance de la maladie comme une pathologie à part entière ;
- accompagner les malades et leurs familles ;
- améliorer l’accès aux soins et aux traitements, dans un contexte où les ressources médicales sont parfois limitées ;
- lutter activement contre la stigmatisation sociale, encore très présente, qui peut conduire à l’isolement, à l’exclusion ou à des discriminations.
Dès ses premiers mois d’existence, l’ACV s’est donc montrée particulièrement dynamique. Elle est déjà membre de VIPOC (Vitiligo International Patient Organizations Committee) et a organisé de nombreuses réunions d’information et de mobilisation, à destination des jeunes, des nouveaux membres, des professionnels de santé et des responsables politiques, ainsi que des partenariats internationaux.
Ces actions témoignent d’une volonté forte : faire du vitiligo un sujet de dialogue, de santé publique et de dignité.
Un engagement qui s’inscrit dans une dynamique nationale et internationale
La République Démocratique du Congo est un pays vaste, aux réalités régionales très diverses. L’ACV vient ainsi compléter le travail mené depuis 2021 par l’AFCV – Association Franco-Congolaise du Vitiligo, présidée par Madame Huguette Kalenga, implantée dans la province du Haut Katanga.
Ces initiatives locales, portées par des personnes directement concernées ou engagées aux côtés des malades, sont essentielles pour répondre aux besoins spécifiques de chaque territoire. Elles montrent aussi que, malgré les difficultés, des réseaux se structurent, des voix s’élèvent, et des solutions émergent.
Comme pour l’AFCV, l’Association Française du Vitiligo a tenu à encourager et accompagner la création de l’ACV, convaincue que le partage d’expériences, la coopération internationale et le soutien entre associations renforcent durablement les actions menées sur le terrain.
À toutes les personnes vivant avec le vitiligo en RDC, et en particulier dans la région de Goma, la naissance de l’ACV est un message fort : vous n’êtes pas seuls. Des femmes et des hommes s’engagent pour faire évoluer les regards, améliorer l’accès aux soins et défendre la dignité de chacun.
Pas à pas, par la sensibilisation, l’information et la solidarité, le vitiligo peut sortir de l’ombre et devenir un sujet reconnu, compris et pris en compte.
À l’occasion des Rencontres Annuelles du Vitiligo 2025, le Pr. Antoine Bertolotti (CHU Saint-Pierre, La Réunion) et le Pr. Julien Seneschal (CHU Bordeaux) ont partagé leur expérience autour de la consultation vitiligo à La Réunion. L’occasion d’évoquer les spécificités d’une exposition solaire intense, et son impact sur l’efficacité des traitements.
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Le soleil : entre bienfaits et risques pour la peau
Le soleil est essentiel à notre équilibre : il permet la synthèse de la vitamine D, bénéfique pour les os, l’immunité, et le moral. Mais ses effets sur la peau ne sont pas toujours anodins, notamment à cause des rayons ultraviolets (UV).
Invisible et indolore, l’exposition aux UV se produit souvent à notre insu : en marchant, en conduisant, en prenant un café en terrasse… Et ce, même en hiver, même sous les nuages ou derrière une vitre.
Les UVA, à longue longueur d’onde, pénètrent profondément dans la peau ; ils sont responsables du vieillissement cutané, des taches et rides.
Les UVB, plus agressifs en surface, causent les coups de soleil et peuvent altérer l’ADN des cellules, avec un risque accru de cancer cutané.
Selon la Fédération Internationale de Dermatologie, 80% des dommages causés par les UV seraient accidentels. Une courte exposition (5 à 15 minutes par jour, sur le visage ou les bras) peut être bénéfique mais au-delà, sans protection, elle devient un facteur de risque majeur.
Zones tropicales : une opportunité sous haute surveillance
À La Réunion, l’indice UV est élevé quasiment toute l’année, souvent bien au-delà des niveaux atteints en métropole (où il varie de 0 à 3 en hiver, et jusqu’à 7-9 en été). Une telle intensité rend les zones dépigmentées visibles plus rapidement, même chez les phototypes clairs. Cela peut faciliter le diagnostic… mais aussi augmenter les risques.
Même les peaux foncées peuvent subir des coups de soleil en milieu tropical. Il est donc crucial de trouver le bon équilibre d’exposition.
Le soleil peut être un allié thérapeutique, à condition qu’il soit bien utilisé. Il joue un rôle dans la photothérapie, souvent associée aux traitements du vitiligo. Que ce soit en cabine UV ou à travers une exposition naturelle contrôlée, l’objectif est d’obtenir une légère rougeur sans brûlure, pour stimuler la repigmentation.
Au CHU Site Sud Saint-Pierre, plusieurs protocoles thérapeutiques combinent traitements médicamenteux et exposition solaire, avec des résultats encourageants :
- Un protocole associant Tacrolimus, corticoïdes le week-end et exposition au soleil a permis de réduire de 40% la surface du vitiligo, et les résultats sont encore meilleurs dans les 24 mois suivant l’apparition de la maladie ;
- Une autre combinaison, mêlant la molécule « Baricitinib » et exposition solaire, a entraîné une réduction de 25 à 30% de la surface atteinte.
Ces résultats (dont les détails ont été donnés dans la vidéo ci-contre lors de la conférence tenue lors des Rencontres Annuelles du Vitiligo 2025) montrent que vivre dans une zone à fort ensoleillement, avec un accompagnement médical adapté, peut améliorer significativement l’efficacité des traitements du vitiligo.
Le soleil peut donc devenir un outil précieux dans la prise en charge du vitiligo. À condition, toujours, d’être bien informé, bien accompagné, et de ne jamais négliger les risques liés aux UV.
Nous avons récemment reçu un témoignage touchant par email, empreint de résilience et de positivité, de la part d’un étudiant en Histoire en Tunisie. Avec l’accord de son auteur, nous souhaitons le partager avec vous.
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Le poids du regard, au quotidien
Ahmed a découvert les premières taches de vitiligo en 2015, sur les mains et le dos. Très vite, il se confronte à un flot de fausses croyances : “On me disait que c’était à cause des fritures que je consommais trop, ou encore qu’un lézard aurait marché sur ma peau pendant mon sommeil.” Un reflet des idées reçues encore trop présentes, loin de toute base scientifique.
Mais plus que les mots, ce sont les regards qui marquent, même celui des enfants parfois, innocent mais dérangeant malgré tout. “Le vitiligo n’est pas qu’un simple changement de pigmentation. C’est aussi un rapport quotidien avec le regard de l’autre.” Dans la rue, au marché, ou face à un inconnu, Ahmed fait souvent face à l’incompréhension, la gêne, parfois même la peur… “Un jour, un vendeur de légumes a refusé de prendre l’argent directement de ma main.” Depuis, il a adapté ses gestes : “Je ne tends plus la main en premier. Pas par peur, mais pour éviter la gêne de voir l’autre reculer.”
Le vitiligo peut aussi devenir un frein professionnel. Dans des métiers de contact, certaines réactions peuvent pousser à l’autocensure. “Cela nous pousse parfois à revoir nos rêves à la baisse, juste pour éviter le rejet.”
Se construire malgré tout, et grâce à ça
Heureusement, Ahmed a trouvé un espace de bienveillance au lycée et à l’université, des lieux où il peut s’épanouir pleinement : “Les gens me considèrent pour mes idées, pas pour mon apparence.” Il y trouve du respect et du soutien de la part de ses camarades et professeurs qu’il “remercie du fond du cœur.” “L’an dernier, j’ai terminé premier de ma promotion. Je pense que cela vient en partie de ma volonté de prouver que j’étais capable, comme tout le monde.” Bravo à lui, on lui souhaite le meilleur !
Aujourd’hui, Ahmed voit son vitiligo comme une part de lui-même, de son identité : “Je n’en souhaite plus la disparition. Il m’a apporté une force intérieure.” Il ne demande pas la pitié, mais simplement “un regard humain, sincère.”
Et à ceux qui vivent les premiers instants de la maladie, il adresse un message puissant :
“Ce n’est pas une fin. C’est un nouveau départ. Le vitiligo peut révéler des forces en vous que vous ne soupçonniez même pas. Vous étudierez, vous travaillerez, vous aimerez. Rien ne vous arrêtera.
Votre personnalité ne se résume pas à votre peau. Vous êtes une belle personne. Levez-vous, construisez votre monde, et surtout, ne vous isolez pas. Faites en sorte que vos réussites parlent pour vous.”
C’est une avancée historique pour les plus de 2 milliards de personnes dans le monde atteintes d’une maladie de peau : lors de la 78e Assemblée mondiale de la santé (78th World Health Assembly ou WHA78) ayant eu lieu du 19 au 27 mai 2025, les États membres ont adopté une résolution inédite plaçant les maladies de la peau au cœur des priorités de santé publique. Le vitiligo, comme d’autres pathologies visibles, est pleinement concerné par cette décision.
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Une résolution portée par des États engagés
C’est un moment marquant dans l’histoire de la dermatologie mondiale. La résolution intitulée « Les maladies de peau, priorité mondiale de santé publique » (“Skin Diseases as a Global Public Health Priority”) a été adoptée lors de la 78e Assemblée mondiale de la santé (WHA78). Portée par la Côte d’Ivoire et co-parrainée par la Colombie, la Chine, l’Égypte, la Micronésie, le Nigéria et le Togo, elle vise à combler un retard important dans la reconnaissance des maladies dermatologiques à l’échelle internationale.
Cette résolution appelle à la création d’un Plan d’action mondial pour améliorer la prévention, le diagnostic, le traitement et la prise en charge des maladies de peau, tout en intégrant la santé cutanée dans les systèmes de santé existants.
Les chiffres sont sans appel : en 2019, 4,69 milliards de nouveaux cas de maladies de peau ont été recensés dans le monde. Et si plus de 3 000 pathologies sont identifiées, 10 d’entre elles concentrent l’essentiel du fardeau mondial. Pourtant, ces maladies restent encore largement négligées dans les politiques de santé publique.
Une mobilisation internationale pour une réponse intégrée
La résolution reconnaît la diversité des maladies concernées – infectieuses, auto-immunes, génétiques, ou liées au climat – et leur impact sur la santé mentale, le bien-être social, et la qualité de vie.
Parmi les priorités fixées :
- Renforcer les soins de santé primaires et la formation des professionnels de santé,
- Améliorer l’accès aux diagnostics et aux traitements abordables,
- Intégrer la santé de la peau dans les politiques liées au handicap, à la réhabilitation et à la santé mentale,
- Promouvoir la recherche, la surveillance, l’innovation, et les outils numériques, dont la télédermatologie.
“La voix des personnes vivant avec une maladie de peau a enfin été entendue par les ministres de la santé du monde entier”, a déclaré Jennifer Austin, Directrice générale de l’Alliance internationale des organisations de patients en dermatologie (GlobalSkin).
Pour le Pr Henry W. Lim, président de la Ligue internationale des sociétés de dermatologie (International League of Dermatological Societies ou ILDS), “cette résolution représente des décennies de progrès scientifiques et de plaidoyer”. Il appelle désormais à une mise en œuvre inclusive et durable.
Un engagement collectif indispensable
L’OMS pilotera l’élaboration du Plan d’action mondial. Les parties prenantes – gouvernements, ONG, universités, secteur privé, organisations de patients – sont invitées à collaborer pour transformer cet engagement en actions concrètes. “La réussite de cette résolution dépendra de la coopération de tous”, a rappelé Marc Yale, Président de la World Skin Health Coalition.
Et comme l’a souligné Dr Claire Fuller, présidente de la Fondation internationale de dermatologie (FID), “la résolution reconnaît l’intersection entre santé de la peau, santé mentale, stigmatisation et bien-être social. C’est une approche globale, qui profitera à des millions de personnes.”
Vitiligo International Patient Organizations Committee (VIPOC) qui regroupe plus de 40 associations de malades du vitiligo dans 30 pays dans le monde a soutenu cette résolution. Freddy Banza, membre du conseil d’administration et ambassadeur VIPOC, était présent au siège de l’OMS à Genève pour expliquer les impacts du vitiligo et les enjeux de meilleures prise en charge du vitiligo pour les malades dans tous les pays. A cette occasion, il a rencontré spécialement le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus (Directeur Général de l’OMS), le Dr. Socé Fall (Directeur des maladies non transmissibles), le Dr. Kingsley (Responsable des maladies de la peau), Le Dr. Jacob (Responsable de la classification internationale des maladie) à propos des enjeux cruciaux pour les malades du vitiligo dans les différentes régions du monde. (voir photo ci-jointe : Freddy Banza (VIPOC) et Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur Général au siège de l’OMS)
L’Association Française du Vitiligo et la Fédération Française de la Peau (qui regroupe 35 associations de malades de la peau dont l’AFV), vont demander une réunion avec le Ministre de la Santé pour voir les déclinaisons de cette résolution historique dans nos territoires. Affaire à suivre…
Comment mieux faire entendre la voix des patients atteints de vitiligo à l’international ? La conférence GlobalSkin 2025, organisée à Prague, a rassemblé des associations du monde entier pour échanger, s’organiser et défendre ensemble l’accès à des soins adaptés. Nous y étions, et vous partageons ici l’essentiel à retenir !
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Une alliance mondiale pour les maladies de peau
La création de cette organisation, en 2016, a été portée notamment par l’Association Française du Vitiligo et son Président Jean-Marie Meurant, ayant été le premier Président et fondateur de l’International Alliance of Dermatology Patient Organizations (IADPO, aussi nommée « GlobalSkin »).
Cette année, du 24 au 27 avril, près de 250 participants venus de tous les continents se sont réunis à Prague pour la conférence GlobalSkin. Toutes les maladies de peau étaient représentées, et parmi elles, 12 associations dédiées au vitiligo, membres de VIPOC (dont l’AFV) étaient présentes, aux côtés d’experts médicaux, de chercheurs, de représentants institutionnels et de l’industrie pharmaceutique.
de gauche à droite, les représentants d’associations du vitiligo : Kenya, Mexique, Afrique du Sud, Uganda, Sri Lanka, France, Allemagne, Uganda, Kenya, Sri Lanka, Bahreïn
Sous le thème « Champion », les organisateurs ont mis en lumière le rôle essentiel des représentants de patients dans l’amélioration des soins, la sensibilisation et le plaidoyer politique. Conférences, ateliers et temps d’échanges ont permis de partager expériences, réussites et besoins autour de thématiques clés :
- Avancées scientifiques en dermatologie et impact sur la vie des patients ;
- Santé mentale et maladies dermatologiques visibles ;
- Accès aux traitements : importance des données chiffrées, des sondages, et de la reconnaissance de l’impact psychologique ;
- Communication stratégique, lobbying et campagnes de sensibilisation ;
- Apports de l’intelligence artificielle en dermatologie.
Plaidoyer mondial et coopérations renforcées
Parmi les moments forts : les nombreux témoignages des représentants d’association ; pour le vitiligo, 5 représentants VIPOC venus du Mexique, d’Inde, d’Afrique du Sud et du Kenya, ont fait part de leur actualité (projets, réalisations, prise en charge du vitiligo dans leurs pays respectifs).
Les laboratoires présents (Pierre Fabre, Pfizer, Almiral, Novartis, Abbvie, Incyte) ont souligné l’importance de la participation des patients aux essais cliniques : mieux comprendre leurs attentes, mieux les informer (sur la durée, les implications, les résultats), et co-construire les messages de sensibilisation à travers des conférences de presse ou des publications.
La conférence a aussi été l’occasion de renforcer les coopérations intercontinentales – Afrique, Europe, Asie, Amériques – pour développer des synergies régionales et mutualiser les actions.
Enfin, une initiative majeure a été annoncée : une résolution visant à faire des maladies de peau une priorité mondiale de santé publique sera présentée à la WHA (World Health Assembly) en mai 2025. Cette proposition, portée par la Côte d’Ivoire, la Colombie, la Chine, l’Égypte, le Nigéria, le Togo et la Micronésie, avec le soutien de GlobalSkin, appelle tous les pays à se mobiliser. Un signal fort pour la reconnaissance des maladies de peau, et une avancée cruciale pour la cause du vitiligo à l’échelle internationale.
C’est une première européenne et mondiale : un plaidoyer essentiel vient d’être publié sur le vitiligo pour comprendre les impacts de la maladie, agir pour améliorer la situation des malades et transformer la prise en charge de cette maladie méconnue en Europe, et aussi plus largement à travers le monde.
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Pourquoi un Livre Blanc pour le vitiligo ?
Un livre blanc est un document officiel qui présente de manière détaillée un problème spécifique (ici : le vitiligo, les impacts, la prise en charge des malades, etc.) et propose des solutions pour remédier aux problèmes rencontrés. Il sert de guide de référence, fournissant des informations précises et des recommandations pratiques à mettre en œuvre.
Le Livre Blanc du Vitiligo sert à sensibiliser le public en général, les professionnels de la santé et les décideurs politiques à une maladie qui est encore trop méconnue, aux effets personnels et familiaux sous-estimés. Il expose les défis rencontrés par les patients, les avancées scientifiques récentes et les pistes d’amélioration à court et moyen terme.
Ce document fait le point sur la reconnaissance de la maladie, le parcours de soin (ou plutôt son absence), la prise en charge et les traitements, le suivi et le soutien ainsi que les priorités de santé et les remboursements des médicaments en apportant des pistes et des axes de travail qui doivent être pris en compte par les instances de la santé et les acteurs de la décision politique en Europe et dans les différents pays.
A travers 54 pages, le livre blanc le point sur les études scientifiques et les constats alarmants tels que :
- Attente de 2,5 années en moyenne pour être diagnostiqué
- 50 % des personnes atteintes de vitiligo ont eu des erreurs de diagnostic
- 65 % des malades se sont vu répondre qu’il n’y avait pas de traitements
- 84 % des malades ne reçoivent pas de traitements contre leur vitiligo en France…
Le Livre Blanc du Vitiligo (Vitiligo White Paper) est disponible sur le site de VIPOC (comité international réunissant les responsables d’associations, dermatologues, chercheurs et spécialistes du vitiligo), en version anglaise pour l’instant. Il sera traduit en français prochainement. Le document peut être traduit à l’aide d’outils de traduction en ligne, mais attention : ces traductions automatiques nécessitent des ajustements et une relecture avisée pour garantir leur sens et leur qualité.
Ce livre blanc est le fruit de la collaboration entre un comité de malades constitué de 6 associations européennes de malades du vitiligo (dont l’Association Française du Vitiligo), et un comité de dermatologues issus de plusieurs pays européens. Les travaux ont été placés sous la direction d’un comité de pilotage qui comprenait 2 professionnels de santé renommés : Professeur Thierry Passeron, Professeur Nanja Van Geel et un représentant des associations de malades : Jean-Marie Meurant au titre de Vice-président de VIPOC (Vitiligo International Patient Organisations Committee).
Un outil pour transformer la prise en charge du Vitiligo
Ce Livre Blanc sur le Vitiligo représente une collaboration unique et originale, rassemblant des expertises variées. En partenariat avec des professionnels de santé et avec le soutien du laboratoire Incyte, il représente un projet novateur pour aboutir à des recommandations politiques concrètes à l’échelle européenne, conçues pour répondre aux enjeux cruciaux du vitiligo aujourd’hui.
Une première réunion de présentation a été faite au parlement Européen à Bruxelles le mercredi 15 janvier 2025, avec la participation et le soutien de 4 députés européens, de plusieurs assistants parlementaires, d’une représentante de la Commission Européenne et d’un représentant de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Cette réunion a été placée sous la direction de VIPOC en tant que porteur du Livre Blanc du Vitiligo et du Pr Nanja Van Geel, membre de la Vitiligo Task Force et de la European Academy of Dermatology and Venerology (EADV).
Plusieurs réunions de suivi et de plaidoyer sont prévues à Bruxelles en 2025 et chaque association de malades en Europe va se servir de ce document et des propositions qu’il contient pour faire avancer concrètement la cause du vitiligo partout où cela est nécessaire.
Du 13 au 15 décembre 2024, la 4ᵉ édition de VIPOC (Vitiligo International Patient Organisations Conference) a rassemblé des associations de patients du monde entier, pour la première fois sur le continent africain. Cet événement, organisé tous les deux ans, a pour vocation de sensibiliser, unir et soutenir la recherche, au bénéfice de tous les malades. Retour sur les moments forts de cette rencontre internationale portée par des valeurs de solidarité et d’espoir.
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Une 4ᵉ édition marquée par l’échange et l’engagement
L’Association Française du Vitiligo, membre fondateur de VIPOC, a joué un rôle central dans la construction et le déroulement de cette 4ᵉ édition. Pendant trois jours, les échanges ont été intenses et enrichissants, réunissant 30 participants venus de 15 pays. Tous étaient animés par une même volonté : œuvrer ensemble pour un futur meilleur pour les personnes atteintes de vitiligo.
Cet événement qui s’est tenu pendant 3 jours au Caire a permis de faire état de la situation de la prise en charge des malades, de la reconnaissance du vitiligo et de ses impacts psychosociaux particulièrement lourds et trop encore souvent ignorés par les décideurs publics. Il y a été fait le constat d’un accès très limité à travers le monde aux nouvelles recommandations internationales de traitement du vitiligo et plus encore pour ce qui est de l’accès au médicament aujourd’hui autorisé en Europe et aux USA. La France fait partie des quelques pays en Europe qui permet d’avoir accès au nouveau traitement. De surcroît pour ce qui est du Monde, la France est à ce jour le seul pays à disposer de deux lignes de traitement avec les molécules : ruxolitinib (Opzelura) et tacrolimus.
Parmi les moments marquants de l’événement, la participation du Dr Joseph Nsambi, ministre de la Santé du Haut-Katanga en République Démocratique du Congo, a été saluée. Son engagement pour le vitiligo dans son propre pays et ses interventions ont enrichi les débats et témoigné de l’importance d’une coopération internationale pour répondre aux défis posés par cette maladie.
(Ici avec Jean-Marie Meurant, Vice-Président de l’Association Française du Vitiligo)
VIPOC : un réseau international pour un avenir meilleur
Depuis sa création en 2018, VIPOC s’est imposé comme un rendez-vous incontournable pour les associations de patients, dermatologues, chercheurs et spécialistes du vitiligo à l’international. Face aux difficultés partagées par les malades et les associations, VIPOC concrétise une alliance entre les pays, mettant en lumière les besoins des patients tout en soutenant activement la recherche scientifique.
Cet événement a pour vocation de sensibiliser les « patient leaders » aux enjeux des plaidoyers à mettre en œuvre, aux lancements de campagnes de sensibilisation, de définir les axes de travail et les projets à venir, d’unir les associations du vitiligo au niveau des régions du monde (Asie, Amériques, Europe, Afrique francophone, Afrique australe). Depuis son lancement, deux jours sont consacrés aux travaux de présentation et de réflexion entre patient leaders et une journée de présentation, de formation, d’échanges et de construction de projets de recherche avec les chercheurs, les scientifiques et les dermatologues.
Cette 4ᵉ édition a réaffirmé l’importance d’une mobilisation collective et internationale. La participation de nouveaux membres (Afrique, Amérique du sud, USA, Europe…) donne un nouvel élan à cette mobilisation ; grâce à des échanges constructifs, des initiatives communes et inédites voient le jour et renforcent l’espoir d’avancées concrètes pour les malades du vitiligo à travers le monde.
De plus, alors que le Vitiligo International Symposium se tenait également au Caire aux mêmes dates, les scientifiques, dermatologues ont bien voulu présenter leurs dernières recherches et échanger avec les représentants de VIPOC, moments qui ont été très appréciés par ces derniers.
Merci aux personnalités scientifiques ayant participé à cet événement : John Harris (USA), Markus Böhm (Allemagne), Nanja Van Geel (Belgique), Albert Wolkerstorfer (Pays-Bas), Khaled Ezzedine, Julien Seneschal et Thierry Passeron (France), Roni Adiri (USA) Stéphanie Chauvet (Suisse).
L’Association Française du Vitiligo, toujours engagée dans cette démarche, continue à œuvrer pour faire entendre la voix des patients et soutenir la recherche au niveau international… Ensemble, continuons à unir nos forces pour sensibiliser, accompagner et construire un avenir où le vitiligo sera mieux compris et mieux pris en charge !
A l’occasion de la Journée Mondiale du Vitiligo 2024, le Ministre Provincial de la Santé du Haut-Katanga (République Démocratique du Congo) a déclaré que le vitiligo était désormais officiellement reconnu comme maladie en RDC. Une avancée majeure pour l’AFCV, dont nous vous avions parrainé et accompagné la création il y a un peu plus de 2 ans seulement !
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Une victoire pour le vitiligo en R. D. Congo
On le sait, le vitiligo est malheureusement trop souvent source de préjugés et de stigmatisation… En République Démocratique du Congo, il n’était pas rare que certaines croyances assimilent la dépigmentation à une faute, un péché ou une malédiction. En effet, Huguette Kalenga Fabiola, Présidente de l’Association Franco-Congolaise du Vitiligo, nous a partagé certaines situations dans lesquelles les personnes atteintes de vitiligo ont été perçues comme l’objet d’un mauvais sort et discriminées. C’est notamment ce constat, et l’observation de ce qui se faisait dans d’autres pays comme en France, qui l’a motivée à créer l’AFCV fin 2021.
Après avoir organisé une formation sur le vitiligo auprès des médecins (co-organisée par l’Association Française du Vitiligo, avec la participation du Professeur Julien Seneschal) , et après plusieurs plaidoyers pour l’inscription et la reconnaissance officielle du vitiligo dans le répertoire des maladies reconnues par le ministère de la Santé, l’AFCV est fière d’annoncer qu’elle a accompli l’un de ses plus grands combats : la reconnaissance officielle du vitiligo comme maladie en République Démocratique du Congo.
Ce qui va changer pour le vitiligo en R. D. Congo
Joseph Nsambi Bulanda, Ministre Provincial de la Santé du Haut-Katanga, s’est exprimé à la télévision, indiquant que cette reconnaissance permettra « d’améliorer les soins de santé et d’assurer l’accès à des diagnostics précoces, des recherches scientifiques, des traitements adéquats pour les personnes atteintes du vitiligo ».
Plus concrètement, les actions annoncées lors de sa déclaration visent à :
- mettre en place un système de surveillance et détection rapide des épidémies de maladies dermatologiques,
- planifier des urgences pour réagir rapidement en cas d’épidémie,
- développer les ressources humaines en santé publique,
- mettre en place des services de soutien psychologique et social, pour aider les personnes à gérer les aspects émotionnels et sociaux de la maladie maladie,
- sensibiliser et éduquer, informer le public pour éviter la stigmatisation et promouvoir une meilleure compréhension de la maladie.
C’est donc le début de nouveautés importantes à venir… dont nous vous tiendrons informés bien sûr.