Antioxydant et photothérapie ciblée : une combinaison gagnante pour les vitiligos localisés
Une nouvelle étude internationale publiée en 2026 confirme l’intérêt d’associer un antioxydant oral, la SOD gastro-protégée (GP-SOD), à la photothérapie ciblée par lampe excimer chez les patients ayant un vitiligo localisé. Résultats et implications pratiques pour les patients.
Pourquoi s’intéresser aux antioxydants dans le vitiligo ?
Le vitiligo résulte de la destruction des mélanocytes – les cellules qui produisent la pigmentation de la peau – par le système immunitaire. Le stress oxydatif accentue le processus en favorisant leur destruction et en les empêchant de se renouveler.
Partant de ce constat, des équipes de recherche ont voulu vérifier si un antioxydant administré par voie orale pouvait renforcer l’efficacité de la photothérapie ciblée, déjà largement utilisée pour les vitiligos peu étendus.
Une précédente étude avait déjà montré l’intérêt de cette association pour des vitiligos étendus traités en cabine UVB corps entier. Restait à savoir si ce bénéfice se retrouvait aussi pour des atteintes plus limitées, traitées par lampe excimer.
Comment l’étude a-t-elle été menée ?
- 40 patients adultes, atteints d’un vitiligo non segmentaire touchant moins de 5 % de la surface corporelle, ont été inclus et suivis de février à décembre 2024.
- Tous ont reçu de la photothérapie ciblée par lampe excimer 308 nm, à raison de 2 séances par semaine pendant 24 semaines.
- La moitié d’entre eux (20 patients) ont reçu en plus la GP-SOD par voie orale : 4 gélules par jour (matin et midi) pendant 12 semaines, puis 2 gélules par jour (matin) pendant les 12 semaines suivantes.
- L’évaluation de la repigmentation a été réalisée à l’aide du score VASI (Vitiligo Area Scoring Index) et la qualité de vie a été mesurée avec le questionnaire VitiQoL.
Ce que montrent les résultats
- Sur la repigmentation (score VASI) : les deux groupes se sont améliorés de façon significative en 6 mois, mais l’amélioration a été nettement plus marquée dans le groupe ayant associé la GP-SOD à la photothérapie. La différence entre les deux groupes est statistiquement significative dès la 12ᵉ semaine, et se confirme à 24 semaines.
- Sur la qualité de vie (VitiQoL) : l’amélioration de la qualité de vie a également été plus importante dans le groupe combiné, avec une différence significative entre les deux groupes en faveur de l’association GP-SOD + photothérapie.
- Sur la tolérance : les patients ayant pris la GP-SOD ont présenté moins d’érythèmes (rougeurs) liés à la photothérapie que ceux traités par photothérapie seule. Aucun effet indésirable n’a été rapporté, et aucun patient n’a arrêté le traitement en cours d’étude.
Ce qu’il faut en retenir
Cette étude confirme qu’associer un antioxydant oral à la photothérapie améliore la repigmentation et la qualité de vie, que le vitiligo soit localisé ou étendu.
En pratique
Ces résultats viennent conforter une approche déjà recommandée dans la prise en charge du vitiligo : combiner plusieurs traitements plutôt que de miser sur une seule stratégie. L’association d’un antioxydant oral à la photothérapie ciblée pourrait ainsi représenter une option intéressante et bien tolérée pour les patients ayant un vitiligo localisé, en complément des approches déjà utilisées.
Le conseil de l’AFV : parlez-en avec votre dermatologue avant d’envisager un complément alimentaire ou une modification de votre protocole de photothérapie : lui seul pourra évaluer si cette association est adaptée à votre situation.
Source : onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/phpp.70105