« À nos marques », un roman jeunesse qui parle de vitiligo, avec justesse
À l’adolescence, le regard des autres pèse plus que jamais. C’est ce moment de la vie que Bénédicte Rousset et Calouan ont choisi d’explorer dans « À nos marques – Nos différences en équilibre », un roman jeunesse dont l’une des héroïnes, Élaïa, vit avec un vitiligo.
Nous avons souhaité mettre ce livre à l’honneur pour les valeurs qu’il porte, et sommes allés poser la question qui nous tenait à cœur directement aux autrices : pourquoi avoir choisi cette maladie de peau pour construire leur personnage ?
© Copyright : Association Française du Vitiligo
Une adolescente comme les autres
Dans ce roman, Élaïa vit avec son père et son petit frère Tano. Lucien, 14 ans, cache lui aussi un lourd secret. Quand leurs parents décident de refaire leur vie ensemble, les deux ados doivent apprendre à cohabiter, alors qu’ils ne s’apprécient pas franchement au départ. Peu à peu, malgré les tensions et les maladresses, un lien va se créer entre eux.
Ce que nous avons apprécié, c’est qu’Élaïa n’est jamais réduite à son vitiligo. C’est une adolescente curieuse, drôle, parfois maladroite, avec ses doutes et ses envies, comme tant d’autres. Le vitiligo fait partie de son histoire, mais il ne la définit pas.
C’est précisément ce que défendent les autrices, qui expliquent avoir voulu une héroïne qui ne soit « pas définie par sa différence ».
Pourquoi le vitiligo ? On a posé la question aux autrices
Nous avons interrogé Bénédicte Rousset et Calouan sur ce choix d’écriture. Leur réponse, que nous partageons ici mot pour mot, éclaire toute la démarche du roman :
« Nous avons choisi d’aborder ce sujet parce que les différences visibles, comme le vitiligo, ou invisibles, comme certains handicaps, troubles ou maladies, font partie de notre quotidien. Pourtant, elles restent souvent méconnues ou donnent lieu à des jugements trop rapides. Blessants. Parfois même destructeurs. La littérature jeunesse a ce pouvoir : permettre de découvrir l’autre, de mieux le comprendre et, parfois, de changer son regard. »
Et sur ce que vivent les ados, avec ou sans vitiligo :
« À l’adolescence, le regard des autres prend beaucoup de place. On cherche à s’intégrer, à être accepté, tout en essayant de devenir soi-même. Nous voulions raconter cette quête universelle à travers une héroïne dont la peau raconte une histoire particulière, mais dont les émotions sont celles de tous les jeunes lecteurs. »
C’est ce qu’on observe auprès des personnes que nous accompagnons : le vitiligo n’est pas douloureux, il n’est pas contagieux, mais c’est le regard des autres qui pèse le plus, surtout à l’adolescence. D’où l’importance, pour l’AFV, de continuer à informer, à accompagner et à faire connaître cette maladie encore trop souvent mal comprise.
Un roman comme celui-ci, c’est aussi une façon de faire tomber les préjugés, sans discours, juste en racontant une histoire. Comme le disent Calouan et Bénédicte Rousset, « ce qui nous rassemble est bien plus fort que ce qui nous distingue ».
« À nos marques – Nos différences en équilibre », de Bénédicte Rousset et Calouan, Éditions La Trace, 280 pages, 14,90 €.