Tatouages et vitiligo : ce qu’il faut savoir avant de se lancer
La question revient régulièrement : « peut-on se faire tatouer lorsqu’on a un vitiligo ? » Une étude récente montre qu’un certain nombre de personnes atteintes de vitiligo portent déjà un ou plusieurs tatouages. Vivre avec un vitiligo n’empêche donc pas, en soi, de se faire tatouer. Cependant, certaines précautions sont indispensables, car le vitiligo est une maladie de la peau particulière, et le tatouage reste un acte traumatique pour celle-ci. Voici les informations essentielles pour faire un choix éclairé.
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NB : Bien que tous les efforts aient été déployés pour garantir l’exactitude de ces informations avec notamment l’aide de notre Comité Scientifique, tous les traitements ne conviennent pas ou ne sont pas efficaces pour toutes les personnes. Votre médecin pourra vous conseiller plus précisément.
Vitiligo, tatouage et risques cutanés : ce qu’il faut anticiper
Comme pour toute personne tatouée, avec ou sans vitiligo, certaines complications générales peuvent survenir après un tatouage :
- apparition d’un eczéma, parfois lié aux produits de soin utilisés pendant la cicatrisation ;
- retard de cicatrisation au niveau du tatouage ;
- halo flou autour du motif, dû à la diffusion de l’encre dans le tissu adipeux sous-cutané ;
- infection locale, le plus souvent bactérienne, plus rarement virale, fongique ou parasitaire ;
- réaction allergique à un pigment spécifique, responsable de démangeaisons chroniques ou de nodules ;
- apparition de granulomes ou de « bosses » dans les tatouages noirs (réactions inflammatoires chroniques à l’encre noire) ;
- résultat esthétique décevant, voire regrets liés au tatouage.
Chez les personnes atteintes de vitiligo, un point particulier doit être pris en compte : la maladie peut apparaître sur des zones de peau ayant subi un traumatisme externe (frottements, cicatrices, égratignures, interventions…). Ce mécanisme est appelé phénomène de Koebner.
Ainsi, le vitiligo peut parfois se développer sur une zone tatouée, même si cela n’est pas systématique.
Photo : Lucas Lenzi – Unsplash
QUELQUES QUESTIONS FRÉQUENTES :
Puis-je me faire tatouer si mon vitiligo est actif ?
En règle générale, il est recommandé d’attendre une stabilisation de la maladie. Un vitiligo actif signifie que de nouvelles taches apparaissent ou que les lésions existantes s’agrandissent. Se faire tatouer dans ce contexte augmente le risque de nouvelles dépigmentations autour ou à l’intérieur du tatouage.
Puis-je me faire tatouer sur une zone déjà dépigmentée ?
Oui, si la zone de vitiligo est complètement stabilisée. En revanche, si le tatouage recouvre à la fois une zone dépigmentée et une zone de peau saine, des lésions de vitiligo peuvent apparaître sur la zone initialement saine.
Un tatouage peut-il provoquer une poussée de vitiligo ?
À ce jour, aucune donnée scientifique ne permet d’affirmer qu’un tatouage déclenche une poussée de vitiligo généralisée.
Le vitiligo va-t-il modifier mon tatouage ?
Le vitiligo ne modifie pas le dessin du tatouage, qui ne disparaît pas. En revanche, l’éclaircissement de la peau peut influencer la perception des couleurs, par contraste avec les zones tatouées sur une peau non atteinte.
Traitements, photothérapie et conseils pratiques
Tatouages et traitements du vitiligo
Une fois le tatouage correctement cicatrisé, il est possible d’appliquer, sur avis médical :
- des corticostéroïdes locaux puissants ou très puissants ;
- des inhibiteurs de la calcineurine topiques ;
- des traitements locaux à base d’inhibiteurs de JAK.
Ces traitements, prescrits par le médecin ou le dermatologue, n’endommagent pas le tatouage cicatrisé.
Tatouages et photothérapie
Il est possible de suivre une photothérapie UVB lorsqu’on a déjà des tatouages : une séance courte n’altère ni le dessin ni les couleurs. En revanche, il est fortement déconseillé de se faire tatouer pendant une photothérapie, celle-ci pouvant entraîner une décoloration prématurée du tatouage. En effet, se faire tatouer alors qu’on suit une photothérapie expose aussi au risque d‘hyperpigementation post-inflammatoire (taches brunes à l’endroit où le tatouage a été fait).
Conseils essentiels avant de se faire tatouer
Pour limiter les risques, il est recommandé de :
- choisir un tatoueur professionnel, dans un salon déclaré ;
- éviter absolument de se tatouer soi-même ;
- informer le tatoueur de son vitiligo, de ses traitements et de l’accord du médecin ;
- signaler toute allergie de contact connue (désinfectants, cosmétiques…) ;
en cas de doute, une cicatrisation à sec peut être envisagée ; - vérifier que le tatoueur est formé aux règles d’hygiène et d’asepsie.
Depuis janvier 2020, la norme EN 17169:2020 – “Tattooing – Safe and hygienic practice” encadre les pratiques sûres et hygiéniques du tatouage. Elle définit les exigences avant, pendant et après le tatouage, afin de protéger le client, le tatoueur et l’entourage.
Après le tatouage :
- suivez scrupuleusement les soins post-tatouage recommandés ;
- l’application préventive d’un antiseptique n’est pas nécessaire ;
- consultez rapidement votre médecin ou dermatologue en cas de réaction inhabituelle.
Et si l’on souhaite effacer un tatouage ?
Certaines personnes regrettent leur tatouage, pour des raisons personnelles ou esthétiques. Il est important de savoir que la disparition complète n’est jamais garantie. Le traitement le plus efficace actuellement est le détatouage au laser, utilisant des longueurs d’onde ciblant les pigments. Attention, cette technique peut néanmoins entraîner un trouble de la pigmentation (le traumatisme sur la peau peut générer une dépigmentation à l’endroit du tatouage ou autour), et doit impérativement être réalisée par un spécialiste expérimenté, car des complications (cicatrices hypertrophiques ou atrophiques) peuvent survenir.