La question revient régulièrement : « peut-on se faire tatouer lorsqu’on a un vitiligo ? » Une étude récente montre qu’un certain nombre de personnes atteintes de vitiligo portent déjà un ou plusieurs tatouages. Vivre avec un vitiligo n’empêche donc pas, en soi, de se faire tatouer. Cependant, certaines précautions sont indispensables, car le vitiligo est une maladie de la peau particulière, et le tatouage reste un acte traumatique pour celle-ci. Voici les informations essentielles pour faire un choix éclairé.
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NB : Bien que tous les efforts aient été déployés pour garantir l’exactitude de ces informations avec notamment l’aide de notre Comité Scientifique, tous les traitements ne conviennent pas ou ne sont pas efficaces pour toutes les personnes. Votre médecin pourra vous conseiller plus précisément.
Vitiligo, tatouage et risques cutanés : ce qu’il faut anticiper
Comme pour toute personne tatouée, avec ou sans vitiligo, certaines complications générales peuvent survenir après un tatouage :
- apparition d’un eczéma, parfois lié aux produits de soin utilisés pendant la cicatrisation ;
- retard de cicatrisation au niveau du tatouage ;
- halo flou autour du motif, dû à la diffusion de l’encre dans le tissu adipeux sous-cutané ;
- infection locale, le plus souvent bactérienne, plus rarement virale, fongique ou parasitaire ;
- réaction allergique à un pigment spécifique, responsable de démangeaisons chroniques ou de nodules ;
- apparition de granulomes ou de « bosses » dans les tatouages noirs (réactions inflammatoires chroniques à l’encre noire) ;
- résultat esthétique décevant, voire regrets liés au tatouage.
Chez les personnes atteintes de vitiligo, un point particulier doit être pris en compte : la maladie peut apparaître sur des zones de peau ayant subi un traumatisme externe (frottements, cicatrices, égratignures, interventions…). Ce mécanisme est appelé phénomène de Koebner.
Ainsi, le vitiligo peut parfois se développer sur une zone tatouée, même si cela n’est pas systématique.
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QUELQUES QUESTIONS FRÉQUENTES :
Puis-je me faire tatouer si mon vitiligo est actif ?
En règle générale, il est recommandé d’attendre une stabilisation de la maladie. Un vitiligo actif signifie que de nouvelles taches apparaissent ou que les lésions existantes s’agrandissent. Se faire tatouer dans ce contexte augmente le risque de nouvelles dépigmentations autour ou à l’intérieur du tatouage.
Puis-je me faire tatouer sur une zone déjà dépigmentée ?
Oui, si la zone de vitiligo est complètement stabilisée. En revanche, si le tatouage recouvre à la fois une zone dépigmentée et une zone de peau saine, des lésions de vitiligo peuvent apparaître sur la zone initialement saine.
Un tatouage peut-il provoquer une poussée de vitiligo ?
À ce jour, aucune donnée scientifique ne permet d’affirmer qu’un tatouage déclenche une poussée de vitiligo généralisée.
Le vitiligo va-t-il modifier mon tatouage ?
Le vitiligo ne modifie pas le dessin du tatouage, qui ne disparaît pas. En revanche, l’éclaircissement de la peau peut influencer la perception des couleurs, par contraste avec les zones tatouées sur une peau non atteinte.
Traitements, photothérapie et conseils pratiques
Tatouages et traitements du vitiligo
Une fois le tatouage correctement cicatrisé, il est possible d’appliquer, sur avis médical :
- des corticostéroïdes locaux puissants ou très puissants ;
- des inhibiteurs de la calcineurine topiques ;
- des traitements locaux à base d’inhibiteurs de JAK.
Ces traitements, prescrits par le médecin ou le dermatologue, n’endommagent pas le tatouage cicatrisé.
Tatouages et photothérapie
Il est possible de suivre une photothérapie UVB lorsqu’on a déjà des tatouages : une séance courte n’altère ni le dessin ni les couleurs. En revanche, il est fortement déconseillé de se faire tatouer pendant une photothérapie, celle-ci pouvant entraîner une décoloration prématurée du tatouage. En effet, se faire tatouer alors qu’on suit une photothérapie expose aussi au risque d‘hyperpigementation post-inflammatoire (taches brunes à l’endroit où le tatouage a été fait).
Conseils essentiels avant de se faire tatouer
Pour limiter les risques, il est recommandé de :
- choisir un tatoueur professionnel, dans un salon déclaré ;
- éviter absolument de se tatouer soi-même ;
- informer le tatoueur de son vitiligo, de ses traitements et de l’accord du médecin ;
- signaler toute allergie de contact connue (désinfectants, cosmétiques…) ;
en cas de doute, une cicatrisation à sec peut être envisagée ; - vérifier que le tatoueur est formé aux règles d’hygiène et d’asepsie.
Depuis janvier 2020, la norme EN 17169:2020 – “Tattooing – Safe and hygienic practice” encadre les pratiques sûres et hygiéniques du tatouage. Elle définit les exigences avant, pendant et après le tatouage, afin de protéger le client, le tatoueur et l’entourage.
Après le tatouage :
- suivez scrupuleusement les soins post-tatouage recommandés ;
- l’application préventive d’un antiseptique n’est pas nécessaire ;
- consultez rapidement votre médecin ou dermatologue en cas de réaction inhabituelle.
Et si l’on souhaite effacer un tatouage ?
Certaines personnes regrettent leur tatouage, pour des raisons personnelles ou esthétiques. Il est important de savoir que la disparition complète n’est jamais garantie. Le traitement le plus efficace actuellement est le détatouage au laser, utilisant des longueurs d’onde ciblant les pigments. Attention, cette technique peut néanmoins entraîner un trouble de la pigmentation (le traumatisme sur la peau peut générer une dépigmentation à l’endroit du tatouage ou autour), et doit impérativement être réalisée par un spécialiste expérimenté, car des complications (cicatrices hypertrophiques ou atrophiques) peuvent survenir.
Mieux comprendre le vécu des personnes atteintes de vitiligo est essentiel pour faire progresser la prise en charge médicale, en dermatologie comme en télémédecine. C’est dans cet objectif que l’Association Française du Vitiligo lance l’étude VITAL, à travers un questionnaire en ligne destiné aux personnes concernées par la maladie.
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Un outil au service des patients et de la recherche
Cette étude vise à recueillir votre expérience du vitiligo au quotidien, vos besoins, ainsi que votre ressenti sur le suivi médical, qu’il soit réalisé en consultation présentielle ou à distance, via la téléconsultation.
Vos réponses, totalement anonymes, permettront de mieux identifier les attentes des patients vis-à-vis des professionnels de santé, d’améliorer les outils de suivi, y compris en télémédecine, et de nourrir la réflexion médicale et scientifique autour du vitiligo. Elles renforceront également les actions de l’AFV pour défendre les intérêts des personnes concernées auprès des autorités de santé et du monde médical.
Le questionnaire est conçu pour s’adapter à votre rythme : il est possible de l’interrompre et de le reprendre plus tard, sur le même support. L’essentiel est de pouvoir aller jusqu’au bout, car chaque questionnaire complété contribue directement à la qualité et à la fiabilité des résultats.
Une mobilisation collective pour défendre nos intérêts
La force de cette étude repose sur le nombre de participants. Plus les réponses seront nombreuses, plus la voix des personnes vivant avec le vitiligo sera audible et légitime pour faire progresser la reconnaissance de la maladie, la qualité du suivi dermatologique et l’accès à des parcours de soins adaptés.
Participer à l’étude VITAL, c’est contribuer activement à l’amélioration de la prise en charge du vitiligo et à l’avenir des patients, aujourd’hui comme demain.
Une nouvelle étape importante vient d’être franchie pour les personnes vivant avec le vitiligo en République démocratique du Congo. En novembre 2025, l’Association Congolaise du Vitiligo (ACV) a officiellement vu le jour. Présidée par Monsieur Benjamin Akilmali, elle s’adresse plus particulièrement aux personnes concernées dans la région de Goma, à l’est du pays, où la maladie reste encore largement méconnue et fortement stigmatisée. Une initiative porteuse d’espoir, de mobilisation et de solidarité.
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Sensibiliser, accompagner et lutter contre la stigmatisation
Le 11 janvier 2026, l’Association Congolaise du Vitiligo (ACV) a franchi une étape majeure dans son processus de structuration en organisant une réunion de prise de contact de ses membres fondateurs en République démocratique du Congo.
Cette rencontre a permis de consolider une vision commune, de définir les premières priorités stratégiques ; ses objectifs sont clairs et essentiels :
- sensibiliser le grand public et les institutions à la réalité du vitiligo ;
- favoriser la reconnaissance de la maladie comme une pathologie à part entière ;
- accompagner les malades et leurs familles ;
- améliorer l’accès aux soins et aux traitements, dans un contexte où les ressources médicales sont parfois limitées ;
- lutter activement contre la stigmatisation sociale, encore très présente, qui peut conduire à l’isolement, à l’exclusion ou à des discriminations.
Dès ses premiers mois d’existence, l’ACV s’est donc montrée particulièrement dynamique. Elle est déjà membre de VIPOC (Vitiligo International Patient Organizations Committee) et a organisé de nombreuses réunions d’information et de mobilisation, à destination des jeunes, des nouveaux membres, des professionnels de santé et des responsables politiques, ainsi que des partenariats internationaux.
Ces actions témoignent d’une volonté forte : faire du vitiligo un sujet de dialogue, de santé publique et de dignité.
Un engagement qui s’inscrit dans une dynamique nationale et internationale
La République Démocratique du Congo est un pays vaste, aux réalités régionales très diverses. L’ACV vient ainsi compléter le travail mené depuis 2021 par l’AFCV – Association Franco-Congolaise du Vitiligo, présidée par Madame Huguette Kalenga, implantée dans la province du Haut Katanga.
Ces initiatives locales, portées par des personnes directement concernées ou engagées aux côtés des malades, sont essentielles pour répondre aux besoins spécifiques de chaque territoire. Elles montrent aussi que, malgré les difficultés, des réseaux se structurent, des voix s’élèvent, et des solutions émergent.
Comme pour l’AFCV, l’Association Française du Vitiligo a tenu à encourager et accompagner la création de l’ACV, convaincue que le partage d’expériences, la coopération internationale et le soutien entre associations renforcent durablement les actions menées sur le terrain.
À toutes les personnes vivant avec le vitiligo en RDC, et en particulier dans la région de Goma, la naissance de l’ACV est un message fort : vous n’êtes pas seuls. Des femmes et des hommes s’engagent pour faire évoluer les regards, améliorer l’accès aux soins et défendre la dignité de chacun.
Pas à pas, par la sensibilisation, l’information et la solidarité, le vitiligo peut sortir de l’ombre et devenir un sujet reconnu, compris et pris en compte.
L’Association Française du Vitiligo est heureuse de mettre en lumière le travail d’une jeune artiste plasticienne, Maïté Cunningham, rencontrée récemment à Montrouge lors de la visite d’un atelier d’artistes. Son œuvre singulière, centrée sur la peau (ses textures, ses fragilités et ce qu’elle donne à voir) résonne fortement avec les expériences vécues par les personnes atteintes de vitiligo et, plus largement, par toutes celles dont la peau raconte une histoire.
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Créer avec la peau : une démarche artistique qui parle de réparation
Formée à la maroquinerie et à la sellerie, Maïté Cunningham (photo ci-contre) développe une pratique où la couture occupe une place essentielle. Elle coud, raccommode, relie, comme un geste de soin. Le fil, dans son travail, devient suture. Une trace. Une mémoire. Une tentative de réparer ce qui a été fragilisé — qu’il s’agisse de la terre, du corps, de l’esprit ou de l’amour.
Sa série récente « Ma peau » est constituée de 18 petites toiles mêlant cuir de réemploi, tissu et encre. Chacune de ces pièces évoque une peau-membrane : un territoire sensible où s’inscrivent des blessures, des marques et des reconstructions. La surface picturale oscille entre tensions et apaisements, entre ce qui est montré et ce qui est retenu. Dans cette approche, la peau n’est plus seulement une enveloppe : elle devient mémoire intime et collective, un espace où se déposent jugements, regards, stigmates… mais aussi transformations et résilience.
Cette démarche trouve résonance particulière auprès de notre association : montrer la peau autrement, en faire un langage, un paysage, une poésie visuelle, contribue à changer le regard sur les maladies de peau affichantes.
Peau, perception et vulnérabilité : un travail qui fait écho au vitiligo
Touchée elle-même par l’eczéma, Maïté Cunningham s’intéresse profondément à ce que la peau exprime et à la façon dont elle est perçue par les autres. Son œuvre interroge en effet :
- ce que l’on projette sur les peaux différentes,
- ce que les marques visibles racontent,
- comment la fragilité peut devenir force,
- comment l’intime rejoint le collectif.
Inscrite entre sensibilité personnelle et questionnements universels, la démarche de Maïté Cunningham transforme cicatrices et singularités en matière poétique, en vecteur de sensibilisation et de lien. Une rencontre artistique qui touche, qui interroge, et qui, pour l’AFV, s’inscrit pleinement dans la volonté de faire évoluer le regard sur le vitiligo et sur toutes les peaux différentes.
Le poème qui accompagne la série prolonge cette réflexion (voir ci-dessous). Il explore les gestes, les usages, les jugements et les affects liés à la peau. Il parle de ce qui se voit… et de ce qui ne se voit pas :
Ma peau.
Un territoire. Une mémoire.
Une peau qu’on gratte,
qu’on tire,
qu’on coupe,
qu’on coud.
Peau qui sèche,
qui suinte,
qui cloque,
qui saigne,
qui pèle,
qui brille.
Peau qu’on crème,
qu’on rase,
qu’on parfume,
qu’on maquille.
Peau qu’on cache,
qu’on exhibe,
qu’on couvre,
qu’on juge.
Peau frontière,
peau vitrine,
peau barrière.
Peau qu’on caresse,
qu’on cherche,
qu’on embrasse,
qu’on lèche.
Peau qui décide,
peau qui condamne.
Peau qu’on classe,
peau qu’on aime,
peau qu’on déteste.
Et moi, sous la peau…
De nombreuses personnes atteintes de vitiligo s’interrogent sur l’intérêt des vitamines et compléments alimentaires pour accompagner leurs traitements. Cette question revient souvent dans les mails adressés à l’AFV ou lors de nos permanences téléphoniques.
Pour répondre précisément, nous partageons ici les informations principales d’un article rédigé récemment par Anastasia Climan, rédactrice médicale, relu et validé par le Dr Pearl Grimes, dermatologue de renommée mondiale (Vitiligo and Pigmentation Institute of Southern California, UCLA, ex-présidente de la Global Vitiligo Foundation). Une synthèse claire pour comprendre ce qui est utile… et ce qui ne l’est pas.
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Vitamine D, vitamines du groupe B, SOD : ce qui est établi scientifiquement
La vitamine D : un rôle majeur pour les personnes avec maladies auto-immunes
La vitamine D, reconnue pour ses bienfaits sur la santé des os et des dents, joue un rôle majeur chez les personnes souffrant de maladies auto-immunes. Le Dr Grimes explique qu’elle vérifie systématiquement le taux de vitamine D de ses patients : « Je tiens à ce que les taux de vitamine D soient optimaux. La vitamine D est essentielle. Plusieurs études récentes montrent qu’elle peut avoir un impact sur les résultats thérapeutiques du vitiligo. » Une simple prise de sang permet de savoir si une supplémentation est nécessaire.
Jusqu’à aujourd’hui, on sait que :
- Une étude portant sur plus de 25 000 personnes a montré qu’une supplémentation pouvait réduire d’environ 22% le risque de développer une maladie auto-immune ;
- L’exposition au soleil contribue à la production de vitamine D mais exige une certaine prudence, en raison des risques de dommages cutanés et de cancer de la peau ;
- La photothérapie aux UVB, recommandée pour le traitement du vitiligo, peut également augmenter le niveau du taux de la vitamine D.
Vitamine B12 et acide folique : carences fréquentes mais pas toujours liées au vitiligo
Les personnes atteintes de vitiligo peuvent présenter des dysfonctionnements thyroïdiens, un diabète, ou encore des carences en vitamine B12 et acide folique. Cependant, à ce jour :
- aucune de ces carences n’est identifiée comme cause directe du vitiligo ;
- la supplémentation n’a pas démontré de bénéfice systématique chez les personnes non carencées atteintes de vitiligo.
Compléments à base de SOD (Superoxyde dismutase) : une aide documentée
Certains compléments antioxydants contenant de la SOD semblent améliorer les résultats thérapeutiques lorsqu’ils sont associés aux traitements UVB et aux traitements topiques : « L’association de compléments alimentaires contenant de la SOD (comme V-SOD de GliSODin, Vitix du laboratoire ACM) aux traitements UVB et topiques améliore les résultats thérapeutiques, mais ces compléments alimentaires ne peuvent en aucun cas se substituer au traitement ». Cependant, attention : ces compléments ne peuvent jamais remplacer un traitement médical !
VOIR AUSSI
Le récent dossier complet du Moniteur des Pharmacies sur le vitiligo aborde le sujet des compléments alimentaires (à la page 14, document consultable dans cet article)
Vidéo : dans ce court extrait (de 19:06 à 20:35) de son intervention aux Rencontres Annuelles du Vitiligo 2024, Pr Passeron a évoqué les effets de l’antioxydant SOD combiné à la photothérapie
Compléments alimentaires : intérêt, limites et précautions indispensables
Un domaine peu encadré et parfois risqué
Bien que les suppléments puissent être bénéfiques, leur utilisation inappropriée peut s’avérer néfaste. L’article de Dr Grimes souligne qu’aux États-Unis, la FDA ne réglemente pas les compléments aussi strictement que les médicaments, et un excès de certaines vitamines peut entraîner des problèmes de santé. Par ailleurs, certains produits vendus comme « naturels » peuvent être chers, inefficaces, voire dangereux.
Elle précise : « Certains compléments stimulent excessivement le système immunitaire, qui est déjà fortement sollicité. En revanche, la prise continue de compléments qui stimulent excessivement le système immunitaire sur le long terme est probablement néfaste pour le vitiligo. » Elle recommande de rester sur des produits de base, comme les acides gras d’huile de poisson, reconnus pour leurs propriétés antioxydantes.
Un accompagnement médical indispensable
Parce qu’il est « naturel », un produit n’est pas forcément sans danger ! Le Dr Grimes rappelle recevoir des patients prenant « toutes sortes de choses bizarres » sans fondement scientifique : « Nous les aidons à y voir plus clair et à suivre un traitement dont les recommandations sont étayées par des données scientifiques. »
Il est conseillé de consulter votre médecin qui pourra vous informer et vous aider à prendre la bonne décision concernant les compléments alimentaires, cependant, attention : ces compléments ne peuvent jamais remplacer un traitement médical !
L’alimentation : première source de vitamines
Pour la plupart des besoins, une alimentation équilibrée suffit. Les aliments riches en nutriments, tels que les fruits et légumes, les céréales complètes, les légumineuses, les noix, les viandes maigres, les fruits de mer et les produits laitiers faibles en matières grasses, devraient couvrir vos besoins nutritionnels.
Quelques exemples de sources utiles au quotidien :
- Vitamine B12 : foie, palourdes, thon, saumon, boissons végétales enrichies
- Acide folique : épinards, haricots à œil noir, céréales enrichies, asperges
- Vitamine E : amandes, graines de tournesol, avocat, huiles végétales
- Vitamine C : poivrons, agrumes, kiwi, brocoli
- Zinc : huîtres, bœuf, porc, haricots blancs, graines de courge
- Cuivre : foie, champignons shiitake, chocolat noir, noix de cajou
- Vitamine D : saumon, maquereau, truite, huiles de foie de poisson, produits enrichis.
Quel que soit le régime alimentaire (sans gluten, végétarien, allergies…), il est conseillé de consulter un médecin ou diététicien pour faire un bilan de vos besoins et dépister d’éventuelles carences.
Le journal Le Monde a récemment publié un article intitulé « Vitiligo : sortir de la dénégation, entrer dans l’espoir » (paru le 2 décembre, dans Le Monde daté du 3), dans lequel Martine Carré, Présidente de l’Association Française du Vitiligo, a été sollicitée pour témoigner et rappeler la réalité de cette maladie encore trop méconnue. Cette prise de parole dans un média national majeur est une publication importante pour la visibilité du vitiligo et pour la reconnaissance de ses impacts, bien au-delà de la peau.
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Encore sous-estimé, le vitiligo et ses conséquences profondes
L’article du Monde rappelle une réalité essentielle : près d’un million de personnes vivent avec le vitiligo en France. Pourtant, la maladie reste trop souvent réduite à un simple problème esthétique.
Comme l’explique Martine Carré, le vitiligo est visible, exposé au regard des autres, et ses conséquences psychosociales sont parfois aussi lourdes — voire plus — que ses manifestations cutanées. Harcèlement à l’école, perte d’estime de soi, peur du jugement, isolement social ou professionnel : la maladie agit sur plusieurs plans. Notre Présidente souligne ainsi que « derrière les taches dépigmentées, ce sont des vies bousculées, une estime de soi fragilisée. »
Ce constat rejoint les données portées par l’AFV depuis des années :
- 50% des malades développent la maladie avant 20 ans,
- une grande partie exprime une souffrance psychologique,
- les idées reçues restent très présentes (« c’est contagieux », « c’est dû à un stress passager », « ces taches sont anodines »…),
- l’accès aux soins demeure inégal selon les régions.
L’article rappelle aussi combien le vitiligo peut impacter la vie affective et sociale, un aspect souvent passé sous silence mais largement documenté par l’AFV à travers nos actions et témoignages de malades.
Des progrès réels… mais un changement de regard indispensable
L’article souligne également un tournant majeur : l’arrivée de nouveaux traitements, comme les inhibiteurs de JAK, qui permettent à certains patients de stopper l’évolution de la maladie et parfois de retrouver une repigmentation significative. En effet, ces traitements ne redonnent pas seulement de la couleur : ils redonnent de la dignité et de la confiance.
Pour autant, l’amélioration médicale ne suffit pas. Une meilleure information du grand public et une formation renforcée des professionnels de santé restent indispensables. Beaucoup de patients attendent encore plusieurs mois pour obtenir un diagnostic ou un avis spécialisé, alors qu’une prise en charge précoce augmente les chances d’efficacité des traitements.
L’AFV milite depuis longtemps pour :
- l’intégration du vitiligo dans les politiques nationales de santé,
- la prise en compte de son impact psychologique,
- des parcours de soin plus structurés,
- une lutte plus active contre les stigmatisations liées aux maladies de peau visibles.
Car, comme le conclut l’article : « L’espoir existe. À nous de faire en sorte qu’il s’accompagne d’une société bienveillante. »
Pour l’AFV, cette publication dans un média national confirme l’importance d’une parole portée collectivement et avec constance. C’est aussi une reconnaissance du travail mené depuis plus de 34 ans pour informer, accompagner et défendre les personnes atteintes de vitiligo.
Alors que l’accès aux dermatologues devient difficile dans de nombreuses régions, la Société Française de Dermatologie (SFD) lance Mobil’Derm, un cabinet médical itinérant conçu pour aller directement à la rencontre des patients. Une initiative rare, très attendue, qui pourrait changer le quotidien de nombreuses personnes atteintes de maladies dermatologiques visibles — dont le vitiligo.
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Une réponse concrète aux déserts médicaux, au plus près des patients
Depuis plusieurs années, la dermatologie est l’une des spécialités les plus touchées par la pénurie de médecins. Avec seulement 2 880 dermatologues actifs en France (alors qu’on en comptait 3 758 en 2010), les délais explosent et certains renoncent même à consulter. Face à cette situation, la SFD a imaginé Mobil’Derm, un véritable cabinet médical sur roues.
Installé dans un camion entièrement équipé (soutenu par la Fondation Renault), il comprend :
- une table d’examen,
- un dermoscope,
- une lampe de Wood (instrument essentiel notamment pour visualiser les zones dépigmentées du vitiligo),
- du matériel permettant de réaliser biopsies ou cryothérapie si nécessaire.
Les consultations seront assurées par des dermatologues volontaires, sur rendez-vous, et facturées au tarif habituel.
Pour les personnes atteintes de vitiligo, souvent confrontées à des délais très longs ou à des annulations faute de spécialistes disponibles, cette solution représente un accès facilité au diagnostic, au suivi et aux conseils adaptés.
Un déploiement progressif partout en France
La phase pilote débutera en Nouvelle-Aquitaine dès février 2026, avant un déploiement progressif dans tout le pays, à raison de deux régions supplémentaires par an. Chaque mission Mobil’Derm sera animée par un ou deux dermatologues (hospitaliers, libéraux ou retraités), ainsi qu’un assistant-chauffeur chargé de l’accueil, de la logistique et de l’organisation des consultations.
Ce dispositif pourra également s’appuyer sur les pharmaciens d’officine, souvent premiers témoins des difficultés d’accès aux spécialistes, et sur les médecins généralistes ou CPTS, pour repérer les patients nécessitant un examen dermatologique.
Pour les malades du vitiligo, ce projet est porteur d’espoir :
- accès plus rapide à un avis expert,
- diagnostic précoce et prise en charge mieux adaptée,
- réduction des “pertes de chance” liées à l’attente,
- possibilité d’utiliser des outils adaptés, comme la lampe de Wood, souvent absents des structures de proximité.
Avec Mobil’Derm, la dermatologie sort donc de l’hôpital pour aller vers les patients — une avancée importante pour celles et ceux qui vivent avec une maladie visible et ont besoin d’un meilleur accompagnement.
Le magazine de référence des pharmacies Le Moniteur des Pharmacies vient de publier un cahier Formation de 16 pages entièrement consacré au vitiligo : un document rare, complet, et destiné à mieux outiller les pharmaciens pour accompagner les patients. L’Association Française du Vitiligo a été étroitement associée à sa réalisation, aux côtés d’experts reconnus, et nous vous partageons ce dossier ici.
© Copyright : Association Française du Vitiligo
Un contenu inédit pour mieux comprendre et mieux accompagner
Ce dossier revient en détail sur tous les aspects du vitiligo : mécanismes immunologiques, formes de la maladie, critères d’activité, solutions thérapeutiques existantes et à venir, place de la photothérapie, solutions cosmétiques, et impact psychologique majeur.
Pour les pharmaciens, souvent premiers interlocuteurs des patients, c’est une ressource précieuse pour :
- pouvoir répondre aux principales questions et orienter correctement ;
- rassurer et lutter contre les idées reçues ;
- expliquer les traitements (comme le ruxolitinib ou le tacrolimus) ;
- encourager une prise en charge précoce ;
- soutenir l’observance des traitements ;
- repérer une souffrance psychologique.
Le dossier contient également une interview (page 9) de Martine Carré, Présidente de l’AFV, qui rappelle l’importance de ne pas banaliser la maladie et la nécessité d’un soutien global : médical, psychologique et social.
Une reconnaissance importante pour le vitiligo… et pour l’AFV
La publication de ce cahier Formation est une excellente nouvelle pour les patients : elle contribue à améliorer la connaissance du vitiligo auprès d’un large réseau de professionnels de santé, renforçant sa reconnaissance comme maladie auto-immune chronique, parfois très douloureuse psychologiquement.
C’est aussi une belle valorisation du travail de l’AFV, qui œuvre depuis plus de 30 ans pour informer, sensibiliser et faire avancer notre cause. Grâce à cette collaboration, le vitiligo bénéficie d’une visibilité rare dans une publication professionnelle de référence.
Le cahier complet, incluant l’interview de Martine Carré, est disponible sur notre site :
L’Association Française du Vitiligo présente « Léo s’efface », un nouvel album jeunesse écrit par Paule Battault et illustré par Julie Debezy, qui raconte avec douceur et sensibilité l’histoire de Léo, un petit garçon atteint de vitiligo. Raconté à hauteur d’enfant, ce livre est une belle invitation à l’empathie, à la compréhension et à l’espoir.
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Une histoire pour parler du vitiligo avec justesse et émotion
Le lecteur suit son regard curieux, inquiet puis bienveillant, alors qu’elle observe les taches blanches apparaître sur la peau de son frère. L’autrice Paule Battault explique : « Je voulais montrer les effets physiques mais aussi psychologiques du vitiligo. En racontant l’histoire du point de vue d’une sœur, je pouvais évoquer la surprise, la peur, puis la compassion, tout en restant à la bonne distance. »
Le texte met en lumière le poids du regard des autres, qui blessent parfois sans un mot. L’autrice souhaite en faire une histoire universelle, où chacun peut se reconnaître : « On se sent tous, un jour, différent des autres », rappelle-t-elle.
La progression du récit, de la légèreté à la peur, puis vers l’acceptation, permet aux enfants de comprendre et apprivoiser la différence. La fin, emplie d’espoir, montre que Léo retrouve confiance en rencontrant d’autres enfants atteints de vitiligo : il comprend qu’il n’est pas seul.
Avec ce projet, l’Association Française du Vitiligo poursuit son engagement pour mieux faire connaître le vitiligo, notamment auprès des plus jeunes. Le livre « Léo s’efface » peut être commandé au tarif de 10€ (couvrant les frais d’envoi). Il sera également distribué dans certains cabinets de dermatologie et services de dermatologie des CHU…
Un album poétique, porteur d’espoir et de beauté
L’esthétique du livre a été pensée avec soin pour faciliter l’identification et valoriser la beauté du personnage principal. « Je voulais que Léo soit beau, explique l’autrice. Montrer que la maladie n’enlaidit pas, c’est essentiel. »
Les illustrations de Julie Debezy, au style doux et poétique, apportent cette dimension artistique chère à l’AFV. Le vitiligo y est représenté graphiquement comme des “coups de gomme”, symbolisant les zones de dépigmentation, mais aussi l’effacement progressif de la peur et de la honte. Sur la couverture, le visage de Léo en gros plan suscite l’émotion et l’attachement ; dans une page marquante, on le découvre déguisé en léopard, image forte de l’acceptation et de la fierté retrouvée.
Avec son langage simple et à des situations du quotidien (la plage, la piscine, le cabinet médical, la rue), « Léo s’efface » s’adresse aux enfants de primaire, mais aussi à leurs parents, enseignants et soignants. C’est un outil pédagogique et sensible, à la croisée de l’art et de la sensibilisation, qui invite à parler du vitiligo autrement : avec bienveillance, tendresse et espoir.