Par le Professeur Julien Seneschal et le Dr Katia Boniface

Service de Dermatologie, Hôpital Saint-André, CHU de Bordeaux
Centre National de Référence des Maladies Rares de la Peau
INSERM U1035, équipe Immuno-Dermatologie

Congrès Mondial de Dermatologie à MilanAu cours du congrès mondial de dermatologie qui s’est tenu à Milan en Juin 2019, ont été présentés les résultats d’une étude clinique, initiée par le laboratoire INCYTE, incluant plus de 100 patients aux Etats-Unis et évaluant l’efficacité et la tolérance d’un traitement local pour le vitiligo contre le placebo.

Le traitement à l’essai est une crème à base de ruxolitinib : une molécule ayant pour propriété de bloquer une voie inflammatoire appelée JAK. Le critère principal d’évaluation de l’étude était l’évaluation de la repigmentation au niveau du visage à 6 mois, notamment l’obtention d’une repigmentation de plus de 50%.

Les résultats ont ainsi montré qu’environ 50% des patients, appliquant la crème 2X/jour ont obtenu une amélioration de 50% de leurs lésions au niveau du visage à 6 mois contre seulement 3% dans le groupe placebo. Environ 30% des patients ont obtenu plus de 75% d’amélioration. La tolérance du traitement est tout à fait correcte.

Ces résultats sont un véritable espoir pour les patients car il s’agit ici de la première étude, bien menée, démontrant l’efficacité d’un traitement dans cette pathologie.

Cependant il sera important d’évaluer les résultats sur les autres localisations des lésions, situées par exemple sur le tronc ou les membres. En effet le visage est souvent une zone qui répond plus facilement aux traitements proposés comme par exemple le Tacrolimus, une pommade utilisée hors indication dans cette localisation. Par ailleurs, les zones des extrémités comme les mains et les pieds restent encore extrêmement difficiles à traiter. Ces résultats devront être confirmés par une étude incluant un plus grand nombre de patients au niveau international qui débutera très prochainement. La crème n’est pas actuellement disponible ni en Europe, ni en France, elle devra en tout état de cause être préalablement approuvée par l’Agence Européenne du Médicament ainsi que par les autorités de santé de chaque pays après confirmation par les essais cliniques de l’efficacité du traitement et la sûreté du médicament.

Ainsi, il s’agit d’une véritable innovation dans la prise en charge des patients, ouvrant des perspectives thérapeutiques majeures mais également la voie vers d’autres essais cliniques pour le vitiligo qui nous l’espérons, donneront autant d’espoir pour les patients, permettant ainsi de lutter contre le dogme qu’il n’y a rien à faire pour traiter le vitiligo.

Professeur Julien Seneschal, Dr Katia Boniface
Membres du comité scientifique de l’Association Française du Vitiligo

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Annonce dans Sciences et Avenir
Annonce dans Santé Magazine
In English :
Press release from Incyte
Announcement in The New York Times