Le Professeur Passeron (CHU de Nice) lance une étude appelée « Repigmentation using Apremilast and Phototherapy In Diffuse VITILIGO” (RAPID VITILIGO), dont l’objectif est de comparer l’efficacité de  l’Apremilast combiné à la photothérapie UVB, à la photothérapie UVB seule,  dans le traitement du vitiligo.

 
Il recherche pour cette étude des volontaires, pour un lancement en novembre-décembre. Des informations précises sur les populations recherchées, le déroulement de l’étude, sa durée, les critères d’évaluation ainsi que les contacts sont indiquées dans le document.
 
Merci de le lire avec attention.

Repigmentation using Apremilast and Phototherapy IDiffuse VITILIGO

(RAPID VITILIGO)

Résumé

Condition médicale et pathologie étudiée

Vitiligo non segmentaire de l’adulte

 

Rationnel de l’étude :

Le vitiligo est une dermatose relativement fréquente touchant environ 0,5% à 2% de la population. Il se manifeste par des macules dépigmentées acquises, bien limitées et asymptomatiques. Du fait de son caractère affichant, le vitiligo impacte significativement sur la qualité de vie des malades.

La demande thérapeutique est ainsi souvent forte et ne doit pas être négligée. Malgré des progrès ces dernières années, les traitements sont encore loin d’être satisfaisants. La compréhension des mécanismes physiopathologiques intervenant dans la genèse du vitiligo s’affine. Le stress oxydatif et le système immunitaire y jouent un rôle aujourd’hui démontré.

Le rôle des lymphocytes T helper (Th1) et Th17 a été souligné dans plusieurs études. L’Apremilast est un inhibiteur de la phosphodiestérase 4 (PDE4) utilisé dans le psoriasis et le rhumatisme psoriasique. La PDE4 est un inhibiteur de la voie de l’adenosine monophosphate cyclique (AMPc). En stimulant cette voie, l’apremilast a des effets anti inflammatoires en diminuant la réponse des lymphocytes Th1 et Th17. Par son action sur l’AMPc, la PDE4 inhibe également MITF (facteur de transcription majeur de la mélanogenèse, également impliqué dans la différentiation et la prolifération mélanocytaire).

De façon intéressante, l’AMPc est la principale voie stimulée après exposition UV. L’inhibition de ce retro contrôle négatif par l’Apremilast pourrait ainsi stimuler cette voie et potentialiser la repigmentation des lésions de vitiligo tout en ayant un effet bénéfique sur l’activité immune responsable de la disparition des mélanocytes.

Nous formulons donc l’hypothèse qu’un traitement par apremilast combiné à la photothérapie UVB serait plus efficace qu’un traitement par photothérapie UVB seule dans le traitement du vitiligo.

 

Objectif principal et objectifs secondaires :

Objectif principal : Comparer l’efficacité, après 24 semaines de traitement, d’un traitement journalier par apremilast  associé à une photothérapie UVB vs photothérapie UVB plus placebo dans le vitiligo non-segmentaire.

 

Population :

Patients de plus de 18 ans ayant un vitiligo non segmentaire touchant plus de 10% de la surface corporelle totale.

 

Durée de l’étude :

Période d’inclusion : 12 mois

Durée du traitement : 12 mois (28 semaines pour les non répondeurs à S24)

Durée totale de l’étude : 24 mois (30 mois data management et analyses statistiques compris)

Méthodologie :

Etude de recherche biomédicale interventionnelle monocentrique prospective randomisée en double insu relevant de la Loi du 09/08/2004 du Code de la Santé Publique.

 

Principaux critères d’inclusion:

Patients de plus de 18 ans ayant un vitiligo non segmentaire touchant plus de 10% de la surface corporelle totale depuis au moins 3 mois.

Contraception efficace pour les femmes en âge de procréer.

 

Principaux critères de non-inclusion

-Vitiligo segmentaire ou à composante segmentaire

-Allergie à l’apremilast

-Patient ayant déjà reçu de l’apremilast

-Antécédent de traitement par l’afamélanotide

-Traitement du vitiligo par topiques durant les 2 dernières semaines

-Traitement du vitiligo par photothérapie durant les 4 dernières semaines

-Traitement immunosuppresseur durant les 4 dernières semaines

-Ethylisme chronique ou toxicomanie

-Antécédent de cancer cutané

 

Déroulement de l’étude

Tous les patients reçoivent 2 séances hebdomadaires de photothérapie UVB à spectre étroit pendant 24 semaines. Après randomisation 1:1, un groupe reçoit de l’apremilast 30mg 2/j et l’autre un placebo 2/j. Un schéma d’initiation du traitement devra être appliqué pour l’aprémilast pendant la première semaine de traitement.

Après 24 semaines, la repigmentation est évaluée et seuls les patients ayant une repigmentation d’au moins 30% seront considérés comme répondeurs et seront randomisés à nouveau en 1:1 dans les bras apremilast et placebo (même dosages) toujours associés à 2 séances hebdomadaires d’UVB pendant 24 semaines supplémentaires. Une nouvelle évaluation sera effectuée à la semaine 48 au moment où les traitements seront arrêtés. A l’issue une phase observationnelle de 4 semaines sans traitement est prévue (jusqu’à semaine 52).

Critères d’évaluation

Critère d’évaluation principal : Le Vitiligo Area Scoring Index (score VASI). Le paramètre étudié sera l’évolution du score VASI, en pourcentage entre baseline et S24.

Critères secondaires :

  1. Score VETF, le paramètre étudié sera l’évolution du score VETF, en pourcentage entre baseline et S24.
  2. Score VES, le paramètre étudié sera l’évolution du score VES, en pourcentage entre baseline et S24.
  3. Score VASI. On considèrera ici successivement le pourcentage de patients ayant obtenu une amélioration du score VASI d’au moins 50%, 75% ou 90%.
  4. Les 3 scores, VASI, VETF et VASI seront utilisés ici.
  5. La qualité de vie sera étudiée à l’aide de l’autoquestionnaire DLQI (Dermatology life Quality Index). L’évolution la qualité de vie sera considérée ici.

Nombre de sujets : 80

Il faut préciser que l'Apremilast est commercialisé aux USA et maintenant en Europe et à un excellent profil de sécurité (aucune surveillance biologique n'est nécessaire). Nous avons déjà plus de 60 pré-inclusions. Les premiers inscrits seront donc pris en priorité.Les personnes intéressées peuvent

  • appeler le numéro de l’UET (notre centre pour les études cliniques) 04 92 03 62 25
  • ou envoyer un mail à  a@chu-nice.fr, afin que nous les contactions dès que l'étude débutera.

Pr. Thierry Passeron, MD, PhD
Service de Dermatologie
& INSERM U1065, équipe 12, C3M
CHU de Nice, France